LES DEFIS DE NOTRE GENERATION ! L’APPEL A LA JEUNESSE POUR L’ACTION.

Le Bénin est une société où le sens de l’honneur est constamment recherché. Chacun veut soigner le plus possible son image de marque et par conséquent œuvrer avec ardeur à son ascension sociale et à la bonne sociabilité. Ce faisant et dans un contexte socio-historique où les conflits ont nourri des rapports inter communautaires, la persistance et le développement de  certaines  attitudes  ont  fini  par  ternir  l’image  du  Béninois.  Il  s’agit  de  tous  les  traits caractéristiques qui, dans leur ensemble, définissent le nouveau champ identitaire du citoyen béninois désigné aujourd’hui sous le vocable néologique de “Béninoiserie”, sous-entendu que l’image ambivalente paraît bien positive en synthèse. Cette représentation que symbolisent les caractéristiques  ainsi  citées  semble être renforcée  par  le  contexte  socio-économique  difficile  et notamment l’altération des valeurs morales. 

Dans un contexte pareil, pour vivre dans un monde incertain où les grands enjeux mondiaux nous poussent à nous poser des questions sur comment réussir nos objectifs, la nouvelle génération se trouve confronter à un certain nombre d’écueils qui la freinent dans sa quête permanente du succès. Cette chronique ne se réclame pas être une panacée à nos maux mais voudrait jouer sa partition en apportant sa petite pierre à l’édification d’une jeunesse en pleine mutation dans un monde en plein essor.

Les défis de notre génération ! C’est un titre évocateur qui appelle au secours la jeune génération pour sortir l’Afrique, berceau de l’humanité, de sa dormance éternelle. Il n’est un secret de polichinelle pour personne de reconnaitre que les anciennes colonies d’Afrique ont demeurées depuis fort longtemps la force économique des colonisateurs. Ils ont doublement péché contre le berceau de l’Humanité : d’abord par la traite négrière en raison de la déportation des bras valides vers les mines et industries d’Amérique et d’Europe ; ensuite par la colonisation et le néo-colonialisme qui ont mis le peuple noir à genou. L’histoire des dettes, que nos arrières petits-fils continueront de payer après notre départ de cette terre, continuent de freiner l’élan de développement de notre cher continent. La logique sous-tendue est simple : l’Occident nous appauvrit pour s’enrichir davantage…
Pendant longtemps, nous avons prôné une rupture d’avec les anciens colons mais les intérêts suspicieux de nos dirigeants continuent de faire croupir nos pays sous le poids de la dépendance économique et monétaire. Le cas le plus criard est le FCFA (Franc des Colonies Françaises d’Afrique). On est tenté de se demander si nous sommes toujours des Colonies Françaises. La floraison des indépendances vers les années 60 était juste un jeu de mots car dans la réalité nous continuons de vivre sous la dépendance de nos anciens colons « nos anciens pilleurs ». C’est une nouvelle forme de colonisation que les spécialistes de la langue française ont bien voulu nommé : le néo-colonialisme.
L’histoire contemporaine du continent noir retiendra que les Grands Hommes d’Afrique, qui ont voulu se prononcer publiquement sur ce fait et qui ont propagé au sein des peuples les idées de rupture et de panafricanisme, ont vu en un clin d’œil leur régime partir en fumée sous les assauts des troupes dites de paix. Nous avons assisté à des assassinats, des guerres civiles, fratricides et pour couronner le tout, il y a eu des arrestations arbitraires et même des disparitions sans suite. Les seuls vrais responsables sont nos amis d’hier « ennemis d’aujourd’hui » qui, pour arriver à leur fin, déploient de grands moyens et se basent sur des discours qui ont la force d’endormir le peuple et lui faire avaler des salades empoisonnées. Jusqu’à quand continueront-nous de marcher avec les traites, ces personnes qui ne sont pas en mesure de respecter les promesses d’antan. Notre intention n’est pas d’appeler à la révolte populaire puisque ce sont de pauvres innocents qui y périssent mais plutôt d’interpeller la génération consciente à agir autrement dans un élan patriotique pour sortir nos peuples de leur obscurité notoire. Il arrivera un temps où les élites d’aujourd’hui prendront inéluctablement leur retraite pour laisser place à la jeune génération montante : toi, moi, lui et elle. C’est à nous qu’appartient l’avenir de nos peuples. Il faudra alors que la manière de gouverner change pour aboutir à l’essor du continent. Chers amis jeunes, le développement est notre devoir. Nous ne manquons pas de cadres compétents et les grandes universités d’Afrique et du Monde continuent d’en former. Il fut un temps où le Bénin, mon pays, était qualifié du quartier latin de l’Afrique. Ce temps est peut-être révolu mais les intellectuels rompus continuent de faire parler d’eux sur la scène internationale. L’intelligentsia africaine est au sommet des grandes institutions mais la vie du peuple ne change pas pour autant. C’est pourquoi en tant que jeune, j’interpelle mes pairs, développeurs du futur et responsable de l’avenir, à prendre d’ores et déjà de bonnes résolutions et de bonnes attitudes pour faire rayonner le continent noir afin de lui donner une place de choix dans le concert des nations. Sans une réelle prise de conscience de notre part, le tableau des futurs possibles (futuribles) de l’Afrique restera sombre et nous demeurerons ainsi dans notre sous-développement ambiant.
Je voudrais citer, avec tout le respect que je lui dois, un grand penseur universel qui me réconforte et m’inspire dans mes réflexions. Né à Fort-de-France, en Martinique, Franz Fanon fut confronté très tôt à la question raciale et au colonialisme. Il écrivit dans l’un de ses ouvrages : « Chaque génération a sa mission, l’accomplir ou la trahir… ». Voulons-nous trahir la mission de notre génération ? Une noble mission qui nous demande un retour aux valeurs éthiques dans la gestion politique, économique et sociale des peuples. Quand sonnera notre heure de gouverner et de prendre des décisions qui impliquent le devenir du continent, continuerons-nous à agir comme nos devanciers ?

Cela n’arrangerait en rien notre situation puisqu’un adage populaire nous enseigne que : « Qui n’avance pas recule ». Il n’y a personne au monde qui n’aspire à un mieux-être social. Dominique Loreau nous enseigne bien que : « Nous pouvons nous créer un monde merveilleux et si nous ne le faisons pas, c’est parce que nous n’explorons pas assez toutes nos capacités d’imagination ». Nous sommes donc capables d’y parvenir mais il faut au préalable passer par une étape importante de rupture et de formatage des cerveaux afin d’effacer les idées malsaines pour y assoir des bases solides, générateur d’un nouvel élan patriotique pour la germination des idées de développement ancrées sur le respect de la parole donnée, l’éthique et le bon sens. Ce n’est en aucun cas un appel à soutenir une quelconque cause politique mais c’est plutôt un appel à la renaissance, au retour aux valeurs traditionnelles des sociétés africaines pour y puiser les bons pans afin de réussir un développement harmonieux pour le bien de tous. Je suis capable d’y arriver ! Tu en es capable aussi. Levons-nous donc, ensemble comme un seul Homme, pour panser nos maux par la pensée et l’action corrective/collective. Je suis prêt pour franchir ce cap, je suis prêt à affronter les obstacles qui jalonneront mon parcours. Je suis prêt à engager ce parcours de combattant avec toi, lui et elle. Et nous y arriverons ensemble, la main dans la main, en prenant comme symbole la jarre trouée du Roi Ghézo et la morale qui s’y cache : « De nos doigts, bouchons ensemble les trous de la jarre afin qu’elle puisse enfin porter de l’eau, boisson de vie, pour le bien-être de tous ». J’ai eu l’immense plaisir de rencontrer un jour Mr Valentin Agon et voici en substance ce j’ai appris de lui : « Celui qui relâche est un lâche. Réussir, c’est essayer encore et encore ; car cesser d’essayer, c’est échouer ». Nul besoin d’être un philosophe platonique ou socratique pour comprendre le message de travail et de persévérance que véhiculent ses propos. Œuvrons donc ensemble pour la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) dans nos communautés. Un petit détour à Singapour et la sagesse de LEE KUAN YEW nous édifie fortement : « La grandeur d’une Nation ne se mesure pas uniquement à sa taille. C’est la volonté, la cohésion, la rigueur, la discipline de son peuple et la qualité de ses dirigeants qui lui assurent une place honorable dans l’histoire ».

Il nous faut donc travailler sans relâche et mettre en pratique les valeurs patriotiques véhiculées dans l’Aube Nouvelle, notre hymne national, la fierté de tout un peuple.

Les Réflexions continuent sous d’autres cieux pour poser les jalons du développement réel car nous avons le devoir historique de sortir nos peuples de l’extrême pauvreté et de la misère. Retenons et méditons en chœur sur cette phrase d’un grand homme que j’aime bien citer : « Que, dans les pays riches, davantage de gens aient la possibilité de regarder des films sur des écrans à extrêmement haute résolution, c’est une excellente chose. Que, dans les pays pauvres, davantage de parents aient la certitude que leurs enfants ne meurent pas de faim ou d’autres maux, c’est encore mieux. » Bill Gates.

A cette étape de mes propos, je voudrais partager avec vous ces pensées reçues du Pr Albert Tévoédjrè que j’ai eu l’insigne  honneur de rencontrer avec les Jeunes Leaders du Bénin à Porto-Novo. Je fais l’aveu que ce grand homme du Bénin m’inspire désormais et je vous recommande vivement de lire son ouvrage : « ICI C’EST LE BENIN ».

 « L’autorité, c’est prendre les autres en charge pour les faire grandir. Ce que nous savons n’est qu’une goutte, ce que nous ignorons c’est l’océan. Pour cela, il faut savoir Surgir, Agir et Disparaitre pour que la semence ne meurt » Professeur Albert Tévoédjrè.

Au regard des différents diagnostics effectués sur la base des divers secteurs du pays, on constate au niveau des acteurs et certains leaders du Bénin un pessimisme affiché est assez ravageur. Il est même rabat-joie dans notre pays qui compte 40% d’adolescents et où les moins de 40 ans font plus des deux tiers de la population. Nous voudrions croire en l’avenir radieux de notre pays et nous adhérons pleinement à ces propos du Pape François : « L’espoir pour nous n’est pas une simple espérance par la foi ; il est surtout une attitude dictée par la jeunesse et l’inventivité de millions de jeunes, la soif de vie et la quête forcenée de mieux être d’eux tous, eux qui n’entendent pas rester sur le balcon de la vie ». Il y aura sûrement de la sueur et des larmes mais comme le disait Martin Luther King Jr : « Nous ne nous battons pas pour tout ce que nous avons, mais nous devons nous battre pour tout ce que nous voulons. ». Le ciment de notre nation, ce qui nous soude et nous donne le sentiment d’être UN dans notre diversité, ce ne sont pas les joies et les agapes ni les beuveries et causeries au coin de la rue. Le ciment des dix millions de béninois, ce sont nos peines également partagées, les sacrifices collectifs supportés, la part de boue et de sang qui burine chaque visage et chaque corps qui s’épuise à la tâche, dans la fraternité, la justice et le travail (notre devise nationale). A ce prix, l’aube nouvelle sera une aube véritablement nouvelle difficile à se lever. Et c’est parce que nous la savons difficile que nous nous y attelons. Un jeune président américain disait, au début des années 60 : « We choose to go to the moon in this decade and do the others things, not because they are easy, but because they are hard. ». C’est la doctrine de l’adversité comme aiguillon, la pente raide comme Challenge.

Pour que le Bénin s’engage sur la voie du développement, il est impérieux que, les problèmes  institutionnels  une  fois  résolus,  le  pays  soit  bien  gouverné.  Mais  il  ne  peut l’être  que  si  les  défis  culturels, sociaux et économiques actuels  caractérisés  par  la  culture  d’inertie, l’attentisme,  la  paresse,  la  corruption,  la  déperdition  des  valeurs  morales  sont  relevés grâce  à  la  mise  en  œuvre  d’une  stratégie  hardie  de  promotion  d’une  culture  de performance, d’excellence et d’entreprise. Ces différentes mesures contribueront à booster le pays vers les sentiers du développement.

IL EST TEMPS D’AGIR ET DONC DE PASSER A L’ACTE. Vivent La JEUNESSE et La PLUME pour davantage de Réflexions, d’Ecrits mais surtout d’Actions pour le Développement  !!!

José Herbert AHODODE in « Chroniques d’Une Jeunesse » ; Novembre 2016.

Président au BENIN de l’Organisation des Cercles Nationaux de Réflexions sur la Jeunesse (ONG CNRJ, présente dans 24 pays dans le Monde). Ecrivez-nous sur benin@cnrj.org et Visitez le site internet du CNRJ sur www.cnrj.org

 



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